Comment gérer une solution web obsolète sur une infrastructure moderne le temps de mieux planifier les mises à jour

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Mettre en place une solution technologique représente généralement un investissement considérable, particulièrement pour les moyennes et grandes entreprises. Certaines organisations vont dépenser 100 000 $, 150 000 $ ou plus pour développer un système adapté à leurs besoins.

C’est pourquoi, lorsqu’une solution arrive en fin de vie ou devient obsolète, il est rarement envisageable de tout arrêter du jour au lendemain. La migration ou le redéveloppement complet demande une réflexion stratégique, du temps et des ressources.

D’un autre côté, conserver une solution obsolète sans encadrement peut avoir des conséquences graves. Les technologies environnantes continuent d’évoluer, et à terme cela se traduit par une baisse de performance, une sécurité compromise et parfois une rupture partielle des fonctionnalités.

Dans cet article, nous allons explorer les mesures qu’une entreprise peut mettre en place pour stabiliser sa solution existante tout en planifiant de manière progressive sa migration ou son redéveloppement.


L’obsolescence des solutions web : un constat incontournable

De nombreuses compagnies utilisent encore des frameworks ou CMS comme Magento, Drupal, Joomla ou WordPress dans des versions qui ne sont plus supportées officiellement.

  • Magento : la transition entre Magento 1 et Magento 2 a marqué un tournant majeur. Plutôt qu’une simple mise à jour, il s’agissait d’une refonte complète, avec une architecture différente et une courbe d’apprentissage importante. Beaucoup d’entreprises ont dû choisir entre :
    • Migrer vers Magento 2,
    • Opter pour une autre technologie,
    • Ou rester sur Magento 1 en prenant des risques liés à la sécurité.
  • Drupal : chaque cycle de mise à jour majeur (Drupal 7, 8, puis 9 et aujourd’hui 10) a nécessité de profondes adaptations, parfois incompatibles avec les modules existants. De nombreuses entreprises ont dû repenser leur stratégie numérique pour ne pas rester bloquées sur une version non supportée.
  • Joomla : de la version 3 à la version 4, la logique interne et certaines extensions sont devenues obsolètes. Ce passage a obligé plusieurs organisations à faire un choix difficile : investir dans une migration lourde ou rester sur une base fragile.

Ces exemples illustrent bien que l’obsolescence n’est pas qu’un problème technique : elle a des implications financières, organisationnelles et stratégiques.


Les risques liés au maintien d’une solution obsolète

Lorsqu’une entreprise conserve une technologie vieillissante, plusieurs problématiques apparaissent :

  1. Compatibilité limitée : les serveurs d’hébergement (Apache, Nginx, PHP, MySQL, etc.) continuent de se mettre à jour. Une solution figée sur PHP 5 ou 7 devient difficile, voire impossible, à exécuter sur une infrastructure moderne.
  2. Sécurité compromise : maintenir un ancien environnement expose aux cyberattaques. Les fournisseurs d’hébergement refusent de plus en plus de supporter des versions vulnérables, car elles peuvent mettre en danger l’ensemble de leur infrastructure.
  3. Performance dégradée : avec des technologies non optimisées, la vitesse de chargement, la gestion des données et la compatibilité avec les nouveaux navigateurs se détériorent.
  4. Coût d’entretien élevé : paradoxalement, maintenir une solution obsolète peut coûter plus cher que d’investir dans une migration, car chaque correction demande du temps, des ressources et une expertise rare.

Comment une entreprise peut continuer à fonctionner le temps de la planification

Face à ces défis, il existe plusieurs mesures pour assurer une stabilité minimale en attendant une migration complète.

1. Désactiver les mises à jour communautaires

Lorsque la communauté arrête de publier des correctifs, il faut désactiver toute mise à jour automatique. Cela évite que la solution ne soit partiellement mise à jour et se brise. L’entreprise doit prendre le contrôle complet de son environnement.

2. Travailler avec des experts pour la maintenance interne

Collaborer avec des professionnels est essentiel. Leur rôle consiste à :

  • Auditer le code et identifier les failles critiques,
  • Remplacer les fonctions vulnérables par des alternatives sécurisées,
  • Surveiller en continu les performances et la stabilité,
  • Mettre en place des correctifs internes pour combler l’absence de support officiel.

3. Assurer une veille technologique

La veille consiste à suivre en permanence les risques et incidents liés à la technologie utilisée. Cela inclut la surveillance des journaux d’erreurs, la détection des tentatives d’intrusion et l’évaluation des impacts des mises à jour des environnements serveurs.

4. Migrer de manière progressive et itérative

Plutôt que de tout refaire d’un coup, une migration progressive peut être mise en place :

  • Migrer d’abord certaines fonctionnalités,
  • Tester des environnements hybrides,
  • Déployer de nouvelles parties du système par étapes.

Cette approche réduit les risques de coupure brutale et permet à l’entreprise de mieux gérer ses coûts et ses délais.


Ce que cela implique souvent : une refonte partielle ou complète

Dans beaucoup de cas, maintenir une solution obsolète n’est qu’une solution temporaire. Tôt ou tard, il devient nécessaire de repartir sur une nouvelle base.

Changer de technologie ne consiste pas seulement à installer une nouvelle version :

  • Cela peut impliquer de repenser l’architecture,
  • De former les équipes,
  • Et parfois même de redévelopper entièrement l’application pour l’adapter aux besoins actuels et futurs.

Conclusion : un changement stratégique et réfléchi

Gérer une solution obsolète est un défi de gestion autant qu’un défi technique. Les entreprises doivent trouver un équilibre entre :

  • Maintenir leur système actuel pour continuer à fonctionner,
  • Et planifier une migration progressive ou une refonte complète.

En résumé, la meilleure approche repose sur quatre piliers :

  1. Désactiver les mises à jour communautaires pour garder le contrôle.
  2. Collaborer avec des experts pour assurer la maintenance interne.
  3. Mettre en place une veille continue.
  4. Migrer progressivement, de manière itérative et réfléchie.

Changer de technologie ne doit pas être subi, mais planifié. C’est une opportunité de repenser ses processus et de repartir sur des bases solides, même si cela demande parfois de tout recommencer à zéro.


  • Gilblas Ngunte Possi
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    Gilblas est un entrepreneur et développeur senior, avec ~13 ans d'expérience, très engagé dans la communauté WordPress, qui aide les PME à grandir à travers des solutions web sur mesure et des formations. Il se distingue par sa capacité à automatiser et industrialiser la création de sites grâce à Phoenix Forge.


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